Peinture Signes
Le travail sur l’inscription du signe dans l’espace est un des axes majeurs des recherches de P.-M. de Biasi en arts plastiques. En peinture, plusieurs séries d’œuvres en deux dimensions, depuis 1976, explorent cette question à travers des propositions qui vont de l’inscription de la lettre ou des mots – l’écriture dans la peinture – à l’élaboration de codes plastiques spécifiques dont les alphabets et les dispositifs géométriques se retrouvent dans certains travaux développés avec d’autres techniques : installations, vidéos, sculptures et réalisations monumentales pour la commande publique. Les signes plastiques et la syntaxe de leur disposition dans l’espace s’articulent souvent à l’encodage d’un véritable message écrit (poétique ou narratif) qui dicte sa logique sémantique à la répartition des tracés, mais selon un protocole crypté qui rend le sens indéchiffrable. Condamné à ne pas pouvoir interpréter la signification lisible du message, le regardeur est invité à une conversion du regard qui le porterait à entrer dans la dimension strictement visible du signe : cette part strictement plastique de la forme graphique qui reste en deçà de toute lecture.
CARTES DU TEMPS 1990-...
Se représenter la dispersion et les amas locaux dans l’espace, imaginer ce que pourrait être le balisage d’un espace si infiniment grand que sa substance s’infléchirait en structure temporelle : c’est à cette rêverie non euclidienne qu’est consacrée la série «Cartes». Toile de lin ou de coton non enduite, peinture acrylique blanche, beige ou grise, pierre noire, encre de chine : la topographie de chaque «carte» est initialement formée sur le réseau, des plis, marques, froissures et courbures que la toile du drap à gardé des corps qui s’y sont enlacés.
CODEX 1992-...
Entre le rouleau archaïque et l'écran contemporain, le support universel des écritures a pris définitivement la forme du «liber quadratus» à partir du IVe siècle de notre ère. La série «Codex» cherche à représenter ce nouveau volume de l'écriture dans sa matérialité : un livre ouvert sur une double page de texte, l'épaisseur des folios de part et d'autre, le ductus du scribe, l'alignement des signes.
DÉSYMBOLISATION 1976-1978
DISQUES 1992-...
La série «Disques» est consacrée à la représentation, dans l'espace du tableau, d'une forme souvent présente dans d'autres séries : le tondo, surface à la fois totalisante, archaïque et cosmique. Réalisés à l'acrylique sur une toile non enduite chargée de pigments secs, les disques sont conçus comme des mandalas en négatif : un espace de projection et de méditation symbolisé par l'image nocturne d'un astre qui s'efface ou d'une stèle absente.
FLUX 1981-...
Les oeuvres de la série «Flux» étudient le rapport entre la fixité induite par l'inscription du signe et la représentation abstraite du mouvement. A mi-chemin du texte plastique qui laisse entrevoir son dispositif linéaire et d'une cartographie qui enregistre des circuits et des parcours entre les amas de signes, ces oeuvres, sur toile non enduite ou sur papier, développent une recherche sur le dynamisme de la flèche.
GRILLES 1976-...
La série «Grilles», dont les premiers travaux ont été exposés en Allemagne (Cologne 1977, Aix la Chapelle 1978, Dusseldörf 1979, Franfort 1980) repose sur le présupposé d'une trame orthogonale et de signes gravés au stylet dans la matière fluide d'une fine couche d'enduit répandu à la main sur une toile tendue. L'oeuvre décline en couleurs ou en monochrome une géométrie du texte plastique qui entre en dialogue avec l'esprit des «Carrés magiques» de Paul Klee.
INDECHIFFRABLES 1992
Proche des travaux en relief de la série «Empire du signe» et des oeuvres en deux dimensions de la série «Grilles», les «Indéchiffrables» se présentent comme des textes plastiques réalisés sur toile tendue. Ils mettent en scène le principe de cryptage qui vise à faire de l'inscription l'objet d'une relation purement visuelle, où l'oeil se trouve confronté à une opacité définitive du signe, mais aussi à une nouvelle liberté -désormais plastique- de ses effets de signification.
LABYRINTHES ET JEUX DE L’OIE 1977-1979
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PALIMPSESTES 1994
La série "Palimpsestes" proposent une réflexion sur l’étagement des campagnes de tracés qui s’accumulent dans l’épaisseur d’un même support : une feuille de plomb sur laquelle plusieurs couches fines d’enduits ont enregistré successivement différentes graphies, dans l’esprit des écritures nerveuses de C.Y. Twombly. Léger brouillage des lignes qui se superposent en effaçant imparfaitement les tracés antérieurs, mémoire des traces anciennes qui persistent sous la forme nouvelle : il est question ici de la quatrième dimension du signe, le temps, qui articule le dialogue entre passé et actuel,... [Lire la suite]