Publication Médium Juillet-Décembre 2019 - n°60-61
La mort et après

Disparaître : le deuil
Daniel Bougnoux Vivre la mort
C. Bertho-Lavenir Trois ans plus tard
F. Renucci C. Kouchner Le coup du paquet de cigarettes

Espérer : le spirituel
Michel Melot Notre part d’éternité
Monique Sicard Paradis pour les athées
Collectif Ce qu’en disent les religions
Jacques Billard Philo : hors sujet
François-B. Huyghe Héros, martyrs, victimes

Transfigurer : les images
Robert Dumas Mort à Palerme
Karine Douplitzky Masques mortuaires
Antoine Perraud La bouche d’ombre audiovisuelle
Jacques Lecarme Renaître par le suicide

Réparer : les techniques
Pierre-Marc de Biasi Fausses fenêtres sur l’éternité
Françoise Gaillard Restons-en là
Clara Schmelck La mort en ligne
Thierry Grillet À quoi rêvent les cadavres ?

Demeurer : les survivants
Régis Debray Prendre la suite
Paul Soriano Nos amis les morts
Jean-Yves Chevalier Parlons chiffres
Philippe Guibert Lazare à l’hôpital

Anthologie de la mort

Numéro dirigé par Pierre-Marc de Biasi et Clara Schmelck

Rencontre Musée du Quai Branly, jeudi 4 juillet 2019 à 18h.30, Salon de lecture J. Kerchache.
Sony Labou Tansy. Naissance d'un écrivain
En compagnie de Céline Gahungu auteure de Sony Labou Tansi. Naissance d’un écrivain (CNRS éditions, Planète libre Essais, 2019) et de Pierre- Marc de Biasi, directeur de recherche au CNRS et directeur de collections chez CNRS éditions. Avec la participation des comédiens Roch Banzouzi et Jean-Felhyt Kimbirima. Entrée libre.
Conférence Genetic Criticism : from Theory to Practice – CRACOW 2019, Jagiellonian University, Cracovie (Pologne), 13 juin 2019
Pour une approche génétique de l'histoire de l'art : concepts et méthode
Keynote Pour une approche génétique de l'histoire de l'art : concepts et méthode (lecture in French) :
Avec les arts plastiques, la génétique aborde un monde d’artefacts dominé par une logique visuelle, mais dans lequel la conceptualisation écrite garde une place considérable. Carnets, notes de travail, journal, commandes, mémento, agendas, dessins légendés ou commentés, dossiers documentaires, correspondances, catalogue, entretiens, interviews, etc. : l’atelier est le laboratoire des formes, mais il fourmille de traces écrites porteuses d’informations sur le travail de l’artiste et qui ont souvent joué un rôle majeur dans l’émergence et les métamorphoses de l’œuvre. Les historiens d’art le savent, mais la génétique apporte, pour l’élucidation de ces processus, des exigences d’exhaustivité et des outils scientifiques propres à redéfinir le périmètre du dossier de genèse et à relancer la recherche sur des pistes inédites. A commencer par des phénomènes majeurs et cependant mal connus comme les processus d’intitulation de l’œuvre. A commencer également par l’élaboration d’une terminologie critique précise qui, pour le moment, fait défaut. Qu’entend-on exactement par dessin préparatoire, esquisse, croquis, ébauche, crayon, canevas, projet, schéma, composition, mise au carreau, étude, étude de détail, etc. ? Comment définir chacun de ces documents préparatoires et comment distinguer et interpréter sa fonction opératoire, en tenant compte du corpus, de la technique, de la période historique, du contexte académique, des usages du métier, de l’intericonicité dans laquelle l’artiste invente, de sa démarche et de ses méthodes, des phases de son travail, etc. ? Comment classer ces documents dans l’ordre de leur apparition, sur quel axe séquentiel les situer comme étapes d’un processus créatif ? Ces « œuvres » préparatoires de l’œuvre sont conservées dans des institutions et des pays dont les terminologies sont souvent divergentes. À une époque où l’œuvre d’art est de plus en plus globalisée en termes d’exposition, de catalogues, de publication et de reproduction, une telle réflexion génétique impose d’être menée dans une perspective à la fois génétique et multilingue. C’est le projet de la base DIGA (Données internationales de génétique artistique).
Conférence 07 juin 2019, Colloque du Collège de France, Amphithéâtre Marguerite de Navarre - Marcelin Berthelot
Le processus de création : contradictions, éthique, (ré)interprétations
Séance « Mémoires, archives, parcours, représentations : l'héritage familial », présidée par Amos Gitaï, architecte et bâtisseur de films.
Entretien entre Amos Gitaï et Pierre-Marc De Biasi sur la question des archives
Pourquoi un artiste décide de donner les brouillons de son travail ? En quoi consistent ces documents dans le cas d'un cinéaste ? Les archives d'Amos Gitaï à la Bibliothèque nationale de France, l'Université de Stanford.



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Rencontre Musée du Quai Branly, 16 mars 2019 à 17h. Avec Yves Chemla, enseignant à l’IUT Paris-Descartes et Pierre Marc de Biasi, directeur de recherche au CNRS (ITEM : Institut des Textes et Manuscrits modernes), directeur de la collection Planète libre, CNRS éditions. Lecture par Sara Darmayan. Rencontre et lecture dans le cadre du Le Printemps des Poètes 2019.
Jacques Roumain, poète haïtien
À l’occasion de la parution du livre, Jacques Roumain (Haïti, 1907-1944), Œuvres complètes ( CNRS Editions et ITEM, 2018), cette rencontre présente l’édition critique coordonnée par Léon François Hoffmann (1932-2018) et Yves Chemla dans la collection « Planète libre » du CNRS.
Jacques Roumain peut être considéré comme le premier grand écrivain haïtien contemporain. Au cours de sa brève existence, il devient tour à tour journaliste, chroniqueur, homme politique – autant activiste qu’idéologue et théoricien –, poète, nouvelliste, ethnologue, archéologue, diplomate, romancier enfin.
Publication La Quinzaine littéraire n° 1207, 16 janvier 2019
Comment penser le smartphone?
Critique du livre "Le troisième cerveau. Petite phénoménologie du Smartphone" de P.M. De Biasi, par Luc Vigier.
Téléchargez le PDF
Publication Éssai critique et biographique de Céline Gahungu, collection « Planète Libre Essais », CNRS éditions, 288 p., janvier 2019
------------- VIENT DE PARAITRE ! -------------
Sony Labou Tansi. Naissance d’un écrivain
Qui est Sony Labou Tansi ? Celui que l’on considère aujourd’hui comme l’un des plus grands auteurs africains d’expression française n’est pas né en un jour. Il lui a fallu s’imaginer, se fabriquer, se faire connaître et reconnaître par un Congo en proie aux convulsions de l’Histoire. Tout s’est décidé pour lui à la fin des années 1960, quand son goût de l’expérience créatrice s’est changé en un besoin, toujours plus impérieux, de construire son propre univers, dense et homogène. L’anonyme Marcel Ntsoni invente la figure flamboyante de Sony Labou Tansi, écrivain explosif qui, en marge de l’ordre littéraire, ne craint rien ni personne, dans son projet hyperbolique de fonder une nouvelle littérature. Entre les coups d’État et les fièvres révolutionnaires, le Congo a beau traverser des tempêtes, l’apprenti grand écrivain ne désarme pas. La société devient paroxystique ? À l’écriture d’aller plus loin encore en lui administrant son paroxysme à elle, jusqu’à faire voler en éclats ses normes et ses institutions.
Scénarios existentiels et fictions compensatoires aident le jeune Sony à modeler son œuvre et son identité, mais l’exposent aussi à de multiples contradictions : affirmer publiquement son statut d’écrivain et assouvir sa haine du régime au pouvoir ; s’attaquer à une France taxée de néocolonialisme et tenter d’y diffuser ses écrits ; démolir les figures d’autorité et partir en quête de conseillers, d’intercesseurs et de pères littéraires.
Pour l’essentiel inédits, les premiers écrits donnent l’image d’une création débondée, véritable geyser de lave, de boue et de sang. Dans l’espace privé des manuscrits, tout peut se dire, des folies les plus intimes aux visions les plus impitoyables. Vivre l’écriture comme le seul absolu, au-delà des tabous, telle est l’expérience hors norme sur laquelle Sony Labou Tansi cherche à édifier la destinée qu’il s’est choisi : devenir écrivain, au sens radical du terme, c’est-à-dire démiurge.
Radio Débat du jour (RFI), émission du 3 janvier 2019, produite et animée par Guillaume Naudin. Invités : Pierre-Marc de Biasi et Roberto Casati.
Les téléphones intelligents rendent-ils stupide ?
10, 20, 30, 40, 50 fois par jour, parfois beaucoup plus, le soir avant de s'endormir, pendant une insomnie, le matin au réveil ou, impolitesse suprême, pendant le repas, dans la rue : pour beaucoup d'entre nous, de plus en plus nombreux, c'est devenu un réflexe multiquotidien de consulter son téléphone doté des dernières applications qui vous sollicitent par des notifications et autres alertes. En dix ans, le smartphone, ou téléphone intelligent comme disent les Québécois, a profondément changé notre rapport à l'information, aux autres et au monde. Mais les conséquences sur notre intellect, notre concentration, posent question. Les téléphones intelligents rendent-ils stupide ? C'est la question du jour.
(ré)écouter l'émission sur le site de RFI